Enquête CONTRAMAR : l'anesthésie-réanimation à bout de souffle ?

PROFESSION

Crédit photo : shapecharge-istock

Près de 60 % des anesthésistes-réanimateurs exerçant à l’hôpital public envisagent une modification de leur activité, et notamment un départ pour le privé, selon les résultats d’une enquête réalisée par le Syndicat national des praticiens hospitaliers (PH) anesthésistes-réanimateurs élargi (SNPHAR-E).

L’enquête, publiée début février sur le site du SNPHAR-E, a été menée en ligne avec un questionnaire envoyé à 3 981 PH anesthésiste-réanimateurs, ainsi que via les réseaux sociaux et avec des relais par des délégués dans les services, entre le 6 et le 16 novembre 2017.

Au total, 910 ont répondu, dont 90 % de PH, parmi lesquels 94 % de titulaires et 90 % à temps plein. Les CHU étaient représentés à hauteur de 61 % et les CH à 39 %.

Selon les résultats de l’enquête, 78 % des services seraient en sous-effectif, avance le SNPHAR-E qui souligne un épuisement de ces professionnels. Pour pallier ce sous-effectif, plusieurs solutions existent, notamment le temps de travail additionnel (TTA). Au départ basé sur le volontariat, il est concrètement davantage vécu « comme une obligation ou une contrainte pour que l’équipe tienne », souligne le Dr Anne Geffroy- Wernet, vice-présidente du SNPHAR-E, à l’Agence de presse médicale. En outre, dans 70 % des cas, ce TTA était fait sans contrat individuel, « ce qui est illégal », souligne le SNPHAR-E.

Par ailleurs, 37 % des services ont recours à l’intérim externe (61 % dans les CH) et 61 % pratiquent la « séniorisation des internes », notamment dans les CHU, bien que « cette démarche ne soit pas bien cadrée », prévient le Dr Geffroy-Wernet. Et finalement, 55 % des anesthésistes déclarent qu’ils ont l’impression de prendre des risques et de compromettre la sécurité anesthésique de leurs patients. Les conséquences de ces difficultés sont que 59 % des PH anesthésistes-réanimateurs « envisagent de modifier leur activité professionnelle », en excluant les futurs retraités : 31 % diminueraient leur activité hospitalière, et 24 % iraient dans le secteur privé.

« On se rend bien compte que les gens commencent à s’épuiser », poursuit le Dr Geffroy-Wernet. Elle incite à réfléchir à d’autres modes d’organisation du travail, en dehors des délégations de tâches qui se font déjà beaucoup et de la formation de nouveaux médecins anesthésistes-réanimateurs, « qui prend 10 ans ».

Le SNPHAR-E a ainsi demandé ainsi aux tutelles, dans un communiqué, de prendre en considération « les dérives induites par la pénurie de médecins anesthésistes-réanimateurs à l’hôpital public, afin de préserver la sécurité des patients et l’attractivité du métier dans le service public ». Cela passe par le contrôle de la démographie médicale (numerus clausus, nombre de postes d’internes attribués à l’anesthésie-réanimation) en accord avec les besoins de la population ; la poursuite du développement des mesures d’attractivité pour l’hôpital public et par une réflexion sur la rémunération des praticiens hospitaliers.<:p>

La rédaction avec le SNPHARE et l'APM

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