Un niveau d’exposition au gaz Meopa inquiétant dans les établissements de santé

Hôpital

Crédit photo : iStock-SerhiiBobyk

Le niveau d’exposition au gaz anesthésiant Meopa est important dans les établissements de santé. Il nécessiterait la mise en place de mesures de prévention, selon les résultats d’une étude présentée au Congrès de la Société française d’étude et de traitement de la douleur (SFETD), fin novembre à Nice.

Utilisé de plus en plus fréquemment comme analgésique en milieu de soins, que ce soit en structures hospitalières ou en ambulatoire, le Meopa demeure un agent chimique et peut présenter des effets neurologiques, hématologiques et sur la reproduction. Le Code du Travail prévoit d’ailleurs que l’un de ses composés, le protoxyde d’azote, soit capté au plus proche de sa source d’émission, rappelle Jean Passeron de l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS).

Limitation des expositions au Meopa

La règlementation prévoit une limitation des expositions au Meopa entre 25 et 100 ppm pour des expositions de 8h dans plusieurs pays européens, mais en France, aucune valeur limite d’exposition professionnelle n’a été définie. Seule une circulaire datant de 1985 et émise par le Secrétaire d’Etat chargé de la santé, indique que des dispositifs assurant l’évacuation des gaz et vapeurs anesthésiques doivent permettre d’abaisser les concentrations à moins de 25 ppm durant la phase d’entretien de l’anesthésie.

Devant les interrogations grandissantes des professionnels à ce sujet, l’INRS et les Caisses d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) ont été sollicités. À l’occasion du congrès de la SFETD, ils présentaient les résultats de 12 campagnes de prélèvements atmosphériques de N2O, menées dans neuf services de six établissements hospitaliers entre 2012 et 2016. Il s’agit de prélèvements de N2O individuels réalisés de manière passive, à l’aide d’un tube placé à proximité des voies respiratoires du salarié pendant une période de travail donnée. Les résultats ont mis en évidence des situations d’exposition préoccupantes au N2O. Quel que soit le type de service, les niveaux d’exposition sont très importants puisque la quasi-totalité des concentrations mesurées dépassaient 25 ppm (jusqu’à plus de 100 fois supérieures). Les professions plus touchées étaient les infirmiers des urgences pédiatriques chez qui des concentrations journalières de Méopa supérieures à 2 200 ppm ont été détectées.

Les instances suggèrent de réduire les émissions de gaz par réglage du débit d’administration ou via l’utilisation d’une valve à la demande, de mettre en place un captage à la source, d’améliorer la ventilation générale, et de prévoir des protocoles d’administration adaptés. Elles ont insisté sur la nécessité d’une formation des soignants sur les dangers et risques d’exposition au Meopa ainsi que sur les mesures de prévention à mettre en oeuvre. Un groupe de travail a été mis en place par l’INRS et les CARSAT afin de proposer des solutions de prévention appropriées et d’émettre des recommandations quant à l’utilisation du Meopa.

La rédaction avec l'APM

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